Carte Blanche de Christa Praehauser : Vendredi saint
Quand j’étais enfant, ma mère m’a appris une prière qui disait : « Enveloppe-moi de tes plaies, qu’elles soient mon lieu de repos. »
J’essayais de réciter cette prière avec toute la dévotion requise, mais je me demandais toujours si les blessures ne feraient pas encore plus mal si j’y étais moi aussi. Je n’imaginais pas non plus ces blessures comme un endroit où je « fermerais les yeux avec joie ».
De même, les croix sur lesquelles était représenté Jésus martyrisé m’attristaient.
Puis j’ai rencontré une femme qui trouvait justement ces croix utiles pour sortir de la solitude et de la douleur. Elle trouvait du réconfort en touchant les plaies. Et j’ai commencé à pressentir que, dans toute ma fragilité et avec toute ma douleur, je pouvais simplement venir ainsi vers ce Crucifié. Que rien en moi ne pouvait être si laid et méprisable qu’il n’ait déjà souffert, lavé et pardonné de choses plus laides encore. Qu’il nous trouve si précieux que rien ne lui était trop atroce pour ne pas l’endurer pour notre bien. Qu’il englobe avec amour la souffrance humaine dans sa souffrance surhumaine et que nous puissions réellement nous reposer en lui en toute confiance.
Je souhaite que le Vendredi saint puisse ainsi devenir pour tous, non pas un jour de la souffrance incompréhensible de Dieu, mais une porte vers le salut.