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Carte Blanche de Corina Strenzl : Entendre des voix

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Notre conception de la maladie et de la santé ne reflète pas toujours le véritable état d’esprit des personnes. Photo : Sandi Mager sur Unsplash

L’hypothèse d’un psychiatre selon laquelle François d’Assise aurait été schizophrène m’a amusée. Certes, on raconte qu’il prêchait aux oiseaux, qu’il entendait des voix, voire des voix qui lui donnaient des ordres, et qu’il souffrait donc, en termes médicaux, d’hallucinations auditives.

Par Corina Strenzl

Certes, François d’Assise peut être considéré comme un être hors du commun, à l’époque comme aujourd’hui. Ses pensées et ses actes, aussi inhabituels fussent-ils, rendaient hommage à la création et à la vie. Il était et reste une source d’inspiration pour de nombreuses personnes. Un diagnostic médical n’y change rien.

Aujourd’hui, des personnes légitimement élues, jugées aptes à exercer une fonction politique, sont tellement convaincues de leur propre voix qu’elles n’entendent rien d’autre. Elles préfèrent donner elles-mêmes des ordres – la plupart du temps, des ordres de souffrance, de mort, de destruction. Seul leur propre ego est ici vénéré. Le fait que certains soient désormais considérés comme « clairement malades mentaux » n’y change pas grand-chose.

Notre conception de la maladie et de la santé ne reflète pas toujours le véritable état d’esprit des gens. Lorsque le Saint-Esprit est descendu sur les disciples à la Pentecôte, cette atmosphère remplie de l’Esprit les a touchés « en plein cœur ». Si la voix qui commande est celle du cœur, alors la vie et la création peuvent guérir par les paroles et les actes. Peu importe l’impression étrange que l’on peut donner aux autres.