Exposition itinérante « En route » à Saint-Imier – Portrait du pasteur Pierre César
À partir de juin, l’exposition « En route » fera étape dans la paroisse catholique-chrétienne de Saint-Imier. Ce sera l’occasion de découvrir une personnalité importante mais peu connue qui a marqué l’histoire religieuse, sociale et politique de la région à la fin du XIXe et au début du XXe siècle : Pierre César.
Par Nassouh Toutoungi
Pierre César, fils de Jeanne (née Vallatte) et de Joseph César, est né le 30 mai 1853 à Buix, un petit village du Jura situé près de Porrentruy. Jeune homme assidu et de grande taille pour son âge, César a travaillé une saison comme valet de ferme avant d’entrer à l’école normale de Porrentruy. C’étaient les années où le Kulturkampf secouait violemment le canton de Berne et tout particulièrement le Jura.
En 1875, le catholique libéral Pierre César quitta son poste d’instituteur à Porrentruy pour étudier la théologie à l’université de Berne. Il fit partie des premiers étudiants de la faculté de théologie catholique-chrétienne, ouverte en 1874. Pendant son séjour à Berne, il obtint également le diplôme d’enseignement secondaire.
Pierre César avait un don pour les langues, ayant grandi avec le dialecte de sa région. Dans ses cahiers d’école, il alterne entre le français et l’allemand.
Le 7 avril 1878, Pierre César fut ordonné prêtre par l’évêque Eugen Herzog, aux côtés de Johannes Burkart, Adolf Gschwind et Anton Schilling. Pierre César fut immédiatement nommé curé de la paroisse de Charmoille.
D’enseignant à pasteur sous le signe du Kulturkampf
Un an et demi plus tard, le 21 octobre 1879, Pierre César et Marie Zahnd, originaire de Belp (Berne), se marièrent. La famille César-Zahnd eut trois enfants : Juliette (1881–1955), Joseph (1887–1945) et Marcelle (1892–1970). Marcelle est la mère de Denise Bindschedler-Robert (décédée en 2008 à Berne), qui fut la première femme élue au Conseil synodal par le Synode national à Olten en 1966.
Comme ailleurs dans le Jura, la paroisse de Charmoille était profondément divisée par les troubles du Kulturkampf. Malgré la fidélité dont il fit preuve dans son ministère pastoral, il s’avéra que la minorité catholique libérale n’était pas assez forte pour réélire Pierre César pour un second mandat de six ans. La paroisse catholique-chrétienne de Saint-Imier cherchait cependant un successeur à son curé Louis Mirlin. César, à qui la paroisse avait demandé de se porter candidat, fut élu en 1884 avec 217 voix.
Constructeur d’églises, pionnier social et figure marquante de Saint-Imier
Peu après son arrivée à Saint-Imier en 1884, Pierre César devint membre de la commission scolaire, dont il fut le secrétaire pendant plus de 25 ans.
Lorsque la paroisse catholique romaine de Saint-Imier reçut sa belle église nouvellement consacrée, le curé Pierre César mit à nouveau toute son énergie au service de la construction de l’église Saint-Paul, au pied du funiculaire menant au Mont-Soleil. L’église fut consacrée au printemps 1912 par l’évêque Eduard Herzog. Pierre César, qui prenait sa retraite à cette époque, laissa à son successeur, Paul Greuin, une paroisse dynamique et en bonne santé financière.
Pierre César, connu pour son talent oratoire et sa voix puissante et impressionnante, prononçait toujours le discours de fin d’année scolaire. Il avait une vision claire des questions sociales et s’engageait de tout son cœur en faveur des personnes défavorisées, en fondant la « Société des chaussures » et en organisant des repas scolaires ainsi qu’une soupe populaire.