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Une voix du Tessin : il faut combattre la mort, non pas l’infliger

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Si, en tant que chrétiens, nous ne nous rangeons pas activement, toujours et pour tous, du côté de la vie, nous nous retrouvons, même sans le vouloir, du côté de ceux qui décident qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Photo : Unsplash

Dans son ouvrage poignant « La Nuit », Elie Wiesel, écrivain, philosophe et survivant d’Auschwitz, écrivait : « Derrière moi, j’entendis un homme demander : « Où est Dieu ? Où est-il ? » – Et j’entendis une voix en moi répondre : « Où est-il ? Il est ici – il est pendu là, à cette potence… »

Par Elisabetta Tisi

Aujourd’hui, on parle en Israël d’une « peine de mort sélective » pour les terroristes, qui, dans la pratique, n’est toutefois appliquée qu’aux Palestiniens. Nous sommes ainsi confrontés à un pouvoir qui décide de qui est digne de vivre non pas en fonction d’un crime, mais en fonction de l’appartenance ethnique de l’auteur. Les communautés chrétiennes en Israël et dans les territoires occupés paient, tout comme les musulmans, le « prix » de ne pas être juifs : en Israël et dans les territoires occupés, un catholique, un orthodoxe, un Arménien ou un musulman est avant tout un Palestinien. Et c’est en tant que tel qu’il est traité par le gouvernement.

Dans l’ancien Israël, la règle était la suivante : un membre du Sanhédrin, un juge du Grand Conseil, qui condamnait ne serait-ce qu’une seule personne à mort pendant son mandat, était qualifié d’assassin. Non pas parce que cela aurait été illégal, mais parce qu’on savait que prendre la vie d’autrui est toujours une défaite pour la justice, pour l’humanité et pour Dieu, si nous croyons en Dieu. Jésus lui-même a été tué par un système qui était à la fois juridique, religieux et politique. Ne nous leurrons pas en pensant qu’il s’agissait simplement d’individus malveillants : Jésus a été tué par un ordre qui se considérait comme juste.

En souvenir du Vendredi saint et de Pâques, la mort de Jésus démasque toute prétention à une quelconque forme de justice qui pourrait être avancée comme argument pour l’extermination d’un être humain. Et sa résurrection n’est pas une consolation : c’est une réfutation, une affirmation que la vie a toujours le dernier mot sur le pouvoir et la peur.

C’est pourquoi une communauté chrétienne ne peut pas se retirer, sereine et tranquille ; elle ne peut pas se contenter de prier. Elle ne peut pas « vivre en paix » alors que d’autres sont privés de leur droit le plus élémentaire : le droit de vivre tout simplement. Si, en tant que chrétiens, nous ne nous rangeons pas activement, toujours et pour tous, du côté de la vie, nous nous retrouvons, même sans le vouloir, du côté de ceux qui décident qui a le droit de vivre et qui doit mourir.

Une foi vivante dérange. Et elle nous invite à prendre une décision personnelle : pour la vie.
Nous décider d’élever notre propre voix (fort !). Prendre clairement position face aux différentes situations d’injustice humanitaire dans le monde par le biais d’appels internationaux, par le soutien financier aux ONG, par le soutien aux forces qui s’engagent pour la justice sociale. Et pas seulement en pensant à notre propre porte-monnaie.

À propos de porte-monnaie : Il est honteux que l’Europe tout entière se soit abstenue lors de l’adoption de la résolution de l’ONU condamnant l’esclavage transatlantique, refusant ainsi de qualifier l’esclavage de crime le plus grave contre l’humanité en raison de son ampleur, de sa durée séculaire et de son caractère systémique – une abstention motivée par la crainte de
de devoir verser des indemnités après nous être enrichis si longtemps aux dépens des exploités. Notre silence face à toutes ces situations trahit l’Évangile.

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Une foi vivante dérange. Et elle nous invite à prendre une décision personnelle : pour la vie.