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« L’amour et l’espoir doivent être ronds. »

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« La religion, c'est l'espoir et la confiance. Beaucoup d'images en découlent. » Noah Wunsch et son triptyque dans la Predigerkirche de Bâle. Photos : Wolf Südbeck-Baur

Le peintre hambourgeois Noah Wunsch a créé pour la Predigerkirche de Bâle un triptyque qui permet de percevoir les valeurs centrales que sont la foi, l’amour et l’espoir à travers des couleurs vives et des formes rondes. Dans cet entretien, il explique pourquoi l’harmonie fait partie intégrante de la peinture, pourquoi les cercles reflètent mieux la vie que les angles – et comment il trouve sans cesse le courage de se lancer dans l’aventure de la « peinture fluide ».

Par Wolf Südbeck-Baur

Noah Wunsch, comment se fait-il que vous ayez peint les trois tableaux d’autel « Foi – Amour – Espérance » spécialement pour la Predigerkirche de Bâle ?

Noah Wunsch : C’était une journée ensoleillée et chaude, et je cherchais un endroit à Bâle où je me sentirais chez moi. Je me suis donc retrouvé dans l’église gothique Predigerkirche, qui m’avait déjà impressionné lors de précédentes visites par son silence, sa pureté et sa clarté atmosphériques. Dans l’église, j’ai discuté par hasard avec le pasteur Michael Bangert. En voyant le nuage au-dessus de l’autel, j’ai senti qu’il manquait un retable sur les murs blancs. Lorsque j’ai proposé au pasteur de lui offrir un retable aux couleurs discrètes, il m’a invité à présenter mon projet au conseil paroissial. Celui-ci a donné son accord à l’unanimité, et les trois grands tableaux se trouvent désormais dans la Predigerkirche.

Cette triade est-elle une allusion théologique à l’apôtre Paul ?

Non, je n’en avais pas conscience. J’ai simplement senti que la Predigerkirche de Bâle devait être enrichie d’un tableau qui rayonne la foi, l’amour et l’espoir.

Les différentes nuances d’or attirent le regard vers un grand point rond, que l’on pourrait interpréter comme le soleil. Pouvez-vous décrire votre cheminement intérieur, de l’idée de ces peintures à leur réalisation concrète ?

Marie symbolise la foi, elle est souvent représentée artistiquement dans des tons bleus. C’est pourquoi le bleu est la couleur de fond de la foi. Et comme j’associe Marie à la féminité, l’or domine le bleu dans des mouvements de pinceau circulaires. De même, l’espoir est représenté par une couleur de fond verte. L’amour, qui est pour moi comme une lumière dans le monde, j’essaie de l’exprimer symboliquement avec des tons jaunes, blancs et orangés.

Et que signifient les mouvements circulaires ?

Les mouvements circulaires du triptyque sont basés sur mon idée que la nature est fondamentalement toujours quelque chose de rond. Je m’inspire ici d’Andy Warhol : « Les choses sont très rondes dans la nature. » Les angles, en revanche, peuvent blesser. L’amour et l’espoir doivent donc être ronds. C’est pourquoi le cercle symbolise le soleil, la terre, la lune, les étoiles, l’univers. Je vois donc le cercle comme une forme de connexion organique en moi, qui trouve son chemin vers l’extérieur dans le mouvement du pinceau. Il existe donc un lien entre l’essence intérieure de l’amour, de la foi, de l’espoir et des couleurs, et ma façon de peindre, qui s’exprime dans les courbes.

Pouvez-vous décrire plus en détail votre processus de peinture ?

Je me place dans un fleuve qui m’entoure et me donne tout ce dont j’ai besoin pour peindre. Lorsque je me laisse aller et que je m’abandonne au processus émotionnel, je reçois des cadeaux et je suis plus forte que jamais. Je fais alors partie de tout et je ne fais plus qu’un avec tout. Tout m’est donné. Mais avant d’en arriver là, je passe par une phase de fuite, jusqu’à ce que je n’aie plus d’autre choix que de plonger dans cette rivière.

Cela signifie-t-il que vos peintures ne voient pas le jour sans une certaine pression ?

J’ai parfois besoin d’une forte pression extérieure pour me laisser aller à ce flux pictural : pression des délais, pression financière, pression émotionnelle. Ce flux pictural signifie pour moi un retour à moi-même, que je fuis parfois parce que ce qui m’attend est difficilement supportable. Cela signifie que me mettre au travail, c’est comme prendre le risque d’entrer dans la nuit noire, dans le sommeil et dans les rêves. Là, je rencontre toute la palette des émotions et des couleurs, qui vont de la tristesse à la lumière éclatante.

Lisez l’article complet dans notre magazine « Christkatholisch ».