La création inattendue d’un retable important dans l’église municipale d’Olten
L’histoire du retable de l’église municipale d’Olten a commencé avec un peintre local controversé et plusieurs débats sur le thème et la réalisation. Le résultat est un tableau d’une grande valeur artistique et historique, riche en références bibliques et théologiques.
Par Daniel Konrad
Les tableaux actuels n’ont pas été intégrés dès le début dans l’église municipale construite entre 1806 et 1813 ; ils ont été créés au fil du temps. En 1842, le maire d’Olten, Ulrich Munzinger, a pu informer le conseil municipal que la commune avait reçu un legs de 3000 francs, dont 2900 francs étaient destinés à un tableau représentant le saint patron de la ville, Saint Martin. Une commission créée à cet effet pensa dès le début à un peintre originaire d’Olten : Martin Disteli (1802-1844). Une commande potentiellement conflictuelle Mais Martin Disteli était-il vraiment l’homme de la situation pour ce travail ? Après tout, il s’était déjà fait remarquer de manière désagréable lorsqu’il était étudiant. Il avait passé du temps au cachot (cellule de détention) de l’université d’Iéna, comme en témoignaient les dessins satiriques sur les murs. Martin Disteli appartenait au courant libéral et avait été exclu de l’université pour avoir adhéré à une association d’étudiants. De retour dans sa région natale, il commença à mettre son talent artistique au service de son gagne-pain. Il peignait des enseignes, des portraits, des paysages, des tableaux historiques et des scènes de bataille, et réalisait des dessins d’animaux (pour les fables d’Abraham Emanuel Fröhlich) ainsi que des caricatures politiques. Dans ces dernières, il dénonçait sans détour les personnes qu’il considérait comme hypocrites et opportunistes. Il s’agissait notamment de membres du clergé, ce qui lui valut le surnom de « Pfaffenfresser » (mangeur de curés). Il fonda également une école de dessin et fut nommé en 1836 professeur de dessin à la « Höhere Lehr- und Erziehungsanstalt » (plus tard école cantonale) de Soleure. Disteli fit également carrière dans l’armée. Il fut promu lieutenant-colonel et commandant de bataillon. En 1836, il aida les habitants de Bâle-Campagne à se révolter contre Bâle-Ville, ce qui lui valut d’être nommé citoyen d’honneur.
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