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Parole biblique de Niklaus Reinhart : Malgré tout

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Toute une nuit, Pierre et ses compagnons avaient traîné leurs filets dans l’eau, mais aucun poisson n’y était resté pris. Et le matin, Jésus vint sur le rivage et leur dit de jeter à nouveau leurs filets. Photo : Cassiano Psomas sur Unsplash

« Puisque tu le dis, je vais jeter les filets une fois de plus. »

(Luc 5, 5)

Toute la nuit, Pierre et ses compagnons avaient traîné leurs filets dans l’eau, mais aucun poisson n’y était resté pris. Et le matin, Jésus vint sur le rivage et leur dit de jeter leurs filets une fois de plus. Mais ne sait-il donc pas que c’est surtout la nuit qui est le moment de la pêche ? Le jour, les poissons sont en profondeur, là où les filets ne peuvent pas les atteindre. Mais bon, s’il le veut. Les filets sont donc à nouveau lancés dans l’eau. Et voilà que, contrairement à toute expérience, les filets sont bel et bien remplis de poissons.

Ce n’est pas vraiment une histoire tirée du quotidien des pêcheurs. Mais ce qui semble important, c’est que la scène se déroule sur l’eau. En fin de compte, l’eau est aussi une image pour les humains. Elle a une surface et elle a une profondeur. À la surface, c’est le quotidien. Des gens joyeux y nagent, profitent de l’eau, des rameurs s’affairent dans leurs bateaux. Tout va bien. Dans les profondeurs, en revanche, règne le silence – et c’est là que vivent les poissons. Ceux-ci constituent une source de nourriture, une aide à la survie pour les hommes. Pierre s’est aventuré dans leur domaine, établissant ainsi le lien avec les profondeurs. Et il a reçu une « prise » abondante.

Peut-être connaissons-nous nous aussi, d’une manière ou d’une autre, cette tension entre la surface et les profondeurs. Le quotidien professionnel sollicite avant tout la surface. Des exigences se présentent à nous, nous devons y répondre du mieux possible, dans la mesure du nécessaire. Certes, cela peut aussi nous procurer de la joie, et nous pouvons être fiers de nos performances.

Mais cela nous apporte-t-il un ancrage au-delà de la journée ? Ou bien les filets ne restent-ils pas vides, ou presque vides ? Trop vides pour vraiment nous nourrir. Et soudain, quelque chose s’effondre. Nous réalisons que ce n’est pas la lutte qui est l’accomplissement. Le vide et la profondeur s’ouvrent devant nous. C’est effrayant.

Mais si nous leur faisons face, nous rencontrons les poissons.